Vivace à feuillage coloré (autre que vert)
Vivaces à feuillage coloré
Chez Pépinières Rouxel, nous sommes convaincus qu'une belle plante vivace ne se résume pas qu'à sa fleur. Le feuillage coloré est une véritable astuce pour structurer vos massifs et maintenir un intérêt visuel permanent, du printemps jusqu'aux premières gelées, voire toute l'année pour les variétés au feuillage persistant.
Les différentes variétés de vivaces à feuillage coloré disponibles
Un éventail de couleurs pour égayer votre jardin
Oubliez le "tout vert" ! Le monde des vivaces offre une palette chromatique surprenante :
- Les déclinaisons de couleurs: Des plantes comme l'Heuchère changeront de couleur au fil des saisons. Il y en a pour tous les goûts et toutes les couleurs. Notez quand même que les Heuchères dans les tons jaunes se plantent dans un coin plutôt ombragé du jardin. En plein soleil, celle-ci aura tendance à griller.
- Le jaune : Pour illuminer un coin sombre, rien de tel que le feuillage d'un Carex doré ou d'un Hostas à feuillage jaune.
- Le pourpre : Prenez un Ajuga avec sa floraison bleu soutenu ou encore un dahlia de la collection Mystic avec son feuillage noir et ses fleurs colorés, vous serez assurés d’avoir deux tons qui tranchent bien !
- Le bicolore jaune/crème et vert : Certains ne jurent que par les feuillages panachés…de l’Acanthe Snow storm avec ses grandes feuilles très découpées ou encore le feuillage persistant de l’Agapanthe Golden drop…même sans fleurs, la plante est magnifique juste à regarder le feuillage !
Des textures et formes variées
Au-delà de la couleur, c'est aussi le jeu des textures qui fait le charme de ces plantes. Entre la finesse d'une graminée comme le Carex et la rondeur généreuse d'un Hosta, chaque variété permet de créer des contrastes saisissants. Certaines, comme l'Acaena, forment un couvre-sol dense et coloré, idéal pour habiller le pied d'un arbre ou d'un arbuste.
Réussir la culture et l'entretien des vivaces à feuillage coloré
Tout comme les autres vivaces, l’entretien est simple. Veillez à bien respecter l’exposition de chaque vivace. Pour les nombreuses vivaces caduques (qui perdent leurs feuilles) qui disparaissent totalement (une hemerocalle par exemple), ne taillez pas très court avant l’hiver. Laissez le feuillage fâné “pourrir” sur la plante. Cela permet de faire une protection naturelle pour l’hiver. Si besoin, en plus, vous pouvez pailler avec des copeaux ou de la paille. Au printemps, quand le soleil réchauffe les sols, les nouvelles pousses apparaîtront ! Pour une sauge ou un Gaura qui garde leur bois l’hiver, taillez légèrement après floraison si vous craignez que la plante casse avec le vent en hiver. Mais sinon, ne faites rien et taillez court vers début avril.
D'où vient la couleur d'une feuille
Comprendre ce qui colore un feuillage change la façon de le cultiver, parce que la couleur n'est pas un détail décoratif posé sur la plante : c'est le résultat direct de sa chimie interne.
Une feuille verte doit sa teinte à la chlorophylle, le pigment qui capte la lumière. Les feuillages pourpres, bronze ou noirs contiennent en plus des anthocyanes, des pigments rouges à violets qui masquent le vert sans le supprimer. Les feuillages dorés, jaunes ou chartreuse ont au contraire une chlorophylle en quantité réduite, ce qui laisse apparaître les caroténoïdes. Quant aux feuillages panachés, ils portent des zones où la chlorophylle est tout simplement absente : ces plages blanches ou crème ne travaillent pas.
La conséquence pratique est la même dans les trois cas : une feuille colorée photosynthétise moins qu'une feuille verte. Ces plantes poussent donc plus lentement, atteignent des dimensions plus modestes et supportent moins bien la concurrence racinaire. Ce n'est pas une faiblesse mais une donnée à intégrer : on ne plante pas un feuillage panaché dans les mêmes conditions qu'une vivace verte de la même espèce, et on ne lui demande pas la même vitesse d'installation. Nos vivaces à feuillage vert jouent, elles, sur le volume et la rapidité de couverture.
La lumière décide de la couleur que vous obtiendrez
C'est le point qui explique la plupart des déceptions. Une même variété, plantée à deux endroits du même jardin, ne donne pas la même couleur — et parfois pas du tout celle de la photo.
Les feuillages pourpres et noirs ont besoin de lumière pour se colorer. Les anthocyanes se forment sous l'effet du rayonnement. À l'ombre, la plante compense en fabriquant davantage de chlorophylle, et le pourpre vire au vert bronze terne. Un heuchère noir planté au nord d'un mur devient, en deux saisons, un heuchère vert sale.
Les feuillages dorés brûlent au soleil direct. Faute de chlorophylle en quantité suffisante, ils encaissent mal le rayonnement de midi : les bords se dessèchent, des taches brunes apparaissent et ne disparaissent plus, puisqu'une feuille abîmée ne se répare pas. La mi-ombre lumineuse, ou le soleil du matin seul, est leur place.
Les panachés sont les plus délicats. Les zones blanches, dépourvues de pigment protecteur, marquent à la première canicule. Une exposition à l'est, ou l'ombre légère d'un arbre à feuillage clair, leur convient nettement mieux qu'une bordure plein sud.
Une règle utile pour s'y retrouver : le pourpre demande le soleil, le doré et le panaché demandent la lumière sans le soleil brûlant. Pour les situations les plus sombres, notre sélection de plantes vivaces pour l'ombre rassemble les espèces qui gardent leur couleur sans soleil direct.
La réversion : quand le panaché redevient vert
Sur un feuillage panaché, il arrive qu'une pousse entièrement verte apparaisse au milieu de la touffe. Ce n'est pas une anomalie passagère : cette pousse contient toute sa chlorophylle, elle est donc plus vigoureuse que le reste de la plante, et elle finira par prendre le dessus si on la laisse. En trois saisons, la touffe panachée est redevenue une touffe verte ordinaire.
Le geste est simple et doit être fait tôt : supprimez toute pousse verte à sa base dès que vous la repérez, en la suivant jusqu'au point de départ plutôt qu'en la raccourcissant. Un contrôle au printemps et un autre en été suffisent. Le même phénomène existe à l'inverse, plus rarement, sur des feuillages dorés qui émettent une pousse verte : la conduite est identique.
Composer un massif avec de la couleur de feuillage
La difficulté du feuillage coloré n'est pas de le cultiver, c'est de l'employer. Une collection de couleurs réunies sans plan donne un résultat agité, où rien ne ressort parce que tout ressort.
Trois couleurs au maximum dans un même massif. Au-delà, l'œil ne construit plus de composition, il enregistre du désordre. Un pourpre, un doré et un panaché suffisent à installer un contraste net.
Répétez plutôt que d'accumuler. Trois pieds de la même variété espacés le long d'un massif produisent beaucoup plus d'effet que trois variétés différentes posées côte à côte. La répétition crée un rythme que le regard suit ; la juxtaposition crée un catalogue.
Ménagez du vert. C'est la règle la plus souvent oubliée. Le vert n'est pas l'absence de couleur, c'est ce qui permet aux autres couleurs d'exister. Une nappe de vivaces couvre-sols vertes entre deux taches colorées joue exactement ce rôle de respiration.
Pensez à la distance de vue. Un panaché fin, à liseré étroit, se lit à deux mètres et disparaît à dix : il est fait pour une bordure d'allée ou un pied de terrasse. Un pourpre franc ou un doré massif, eux, portent loin et structurent un massif vu depuis la maison. Placer un feuillage délicat au fond du jardin revient à ne pas en profiter.
Regardez le fond. Un feuillage doré ne ressort que devant quelque chose de sombre ; un feuillage pourpre disparaît devant une haie de conifères et éclate devant un mur clair ou un feuillage argenté. Le fond compte autant que la plante.
Que faire des fleurs sur une plante de feuillage
La question se pose vraiment, et la réponse dépend de l'espèce.
Sur les heuchères, les hostas ou les carex, la floraison est discrète et la hampe consomme de l'énergie sans apporter grand-chose. La supprimer dès son apparition concentre la vigueur dans la touffe et maintient un feuillage plus dense et mieux coloré. Certains jardiniers la conservent pour les insectes, ce qui se défend parfaitement — c'est un arbitrage, pas une erreur.
Sur d'autres vivaces, en revanche, la fleur fait partie de l'intérêt et se combine au feuillage. Les plantes dont les deux registres comptent se rapprochent alors de nos vivaces à fleurs bicolores, où le contraste se joue dans la fleur elle-même.
Entretenir la couleur dans la durée
Un feuillage coloré se ternit avec les années si on ne fait rien, et trois gestes suffisent à l'éviter.
Divisez tous les trois à quatre ans. Une touffe vieillissante s'épuise par le centre, produit des feuilles plus petites et moins contrastées. La division au printemps ou en début d'automne rajeunit la plante et vous en donne plusieurs — c'est aussi la manière la moins coûteuse d'obtenir la répétition évoquée plus haut.
Surveillez le déchaussement. Les heuchères, en particulier, montent progressivement sur une souche ligneuse qui finit par sortir de terre ; les racines se dessèchent et la plante décline. Tous les deux ou trois ans, déterrez la touffe, raccourcissez la souche et replantez plus profond, jusqu'à la base des feuilles.
N'enrichissez pas trop. Un excès d'azote produit des feuilles grandes, tendres et pâles : la couleur se dilue exactement comme elle se dilue à l'ombre. Un compost bien décomposé au printemps suffit pour la saison entière.
Le feuillage coloré en hiver
C'est la période où ces plantes rendent le plus de services, puisque tout le reste a disparu. Les espèces à feuillage persistant — heuchères, carex, certains euphorbes — tiennent la structure du massif de novembre à mars, et leurs couleurs sont souvent plus intenses par temps froid, le froid stimulant la production d'anthocyanes.
Deux précautions : ne coupez pas leur feuillage à l'automne, il les protège ; et dégagez-les des feuilles mortes qui s'accumulent au cœur de la touffe et la font pourrir. Le nettoyage se fait en fin d'hiver, en supprimant seulement les feuilles abîmées. Pour construire un massif qui tient toute l'année, appuyez-vous sur nos vivaces persistantes et, plus largement, sur nos plantes persistantes.
Questions fréquentes
Mon heuchère pourpre est devenu vert : que s'est-il passé ?
Dans la très grande majorité des cas, un manque de lumière. La plante fabrique de la chlorophylle pour compenser et le pourpre se dilue. Déplacez-la dans une situation plus lumineuse — soleil du matin, ombre l'après-midi — et la couleur revient sur les nouvelles feuilles en une saison. Les anciennes, elles, ne changeront plus. Un excès d'azote produit le même effet et se corrige de la même façon, en cessant tout apport.
Les bords des feuilles de mon hosta doré sont bruns et secs
C'est une brûlure, pas une maladie : le feuillage a reçu du soleil direct aux heures chaudes, ou la plante a manqué d'eau pendant un épisode chaud. Les feuilles touchées ne se répareront pas ; coupez-les et replacez la plante en ombre lumineuse pour la saison suivante. Un paillage épais, en gardant le sol frais, limite fortement le phénomène.
Peut-on les cultiver en pot ?
Très bien, et c'est même une bonne façon de maîtriser l'exposition : un pot se déplace selon la saison. Prévoyez un contenant d'au moins trente centimètres, un substrat qui reste frais sans être détrempé, et un arrosage suivi — une vivace en pot n'a aucune réserve. Rempotez ou surfacez chaque printemps, et divisez la touffe tous les trois ans comme en pleine terre. Pour choisir selon votre situation plutôt que selon la couleur, la rubrique plantes par besoin filtre par exposition et nature de sol, et l'ensemble de la gamme se parcourt dans plantes extérieures.