Cerisier du Japon
Un arbre qu'on plante pour deux semaines par an
Et qui les justifie entièrement. Le cerisier du Japon — les Prunus ornementaux, sakura — produit en avril une floraison d'une densité que rien d'autre n'égale : les branches disparaissent littéralement sous les fleurs, blanches ou roses, simples ou doubles, avant même que les feuilles ne sortent.
C'est un arbre strictement ornemental : il ne donne pas de cerises comestibles, ou seulement de petits fruits noirs sans intérêt culinaire que les oiseaux apprécient. On ne le plante pas pour récolter.
Le reste de l'année, il n'est pas pour autant sans intérêt. Le feuillage prend des teintes cuivrées au débourrement, puis jaune, orange ou rouge en automne selon les variétés. Et l'écorce, brillante, striée horizontalement de lenticelles cuivrées, reste décorative sur le bois nu en hiver.
Choisir le port avant la fleur
C'est le conseil qui vaut pour tous les arbres d'ornement, et il compte doublement ici : la floraison dure deux à trois semaines, la silhouette reste onze mois par an.
Les ports disponibles couvrent un registre large, et le choix conditionne l'usage.
Le port étalé en parasol est le plus classique : une couronne large et horizontale, qui demande de la place et donne toute sa mesure en sujet isolé sur une pelouse.
Le port dressé ou colonnaire reste étroit, un à deux mètres de large pour six à huit de haut. C'est la solution des jardins de ville et des alignements le long d'une allée — le même registre que nos arbres au port colonnaire.
Le port pleureur, aux branches retombantes, forme une cascade de fleurs au printemps. C'est le plus spectaculaire, et il se place seul, là où on le regarde.
La taille adulte varie de trois à dix mètres selon les variétés. Relevez la largeur adulte de la couronne et reportez-la au sol avant de creuser : c'est elle qui décide de l'espacement, pas la hauteur. Comptez la moitié de la hauteur adulte comme distance minimale à une construction, et la règle des deux mètres depuis la limite séparative.
Sol et exposition
Le cerisier du Japon est peu exigeant, avec quelques préférences nettes.
Il veut du soleil — c'est ce qui donne une floraison dense — ou à la rigueur une mi-ombre lumineuse. À l'ombre, il fleurit peu et perd tout intérêt.
Côté sol, il accepte la plupart des terres à condition qu'elles soient bien drainées. Il tolère un peu de calcaire mais souffre en sol très calcaire, et il déteste franchement l'eau stagnante en hiver — sur terrain lourd, plantez sur une butte de vingt à trente centimètres.
Abritez-le du vent : les pétales sont fragiles, et une floraison magnifique peut être emportée en deux jours par un coup de vent. Un emplacement protégé prolonge le spectacle d'une semaine.
Un dernier critère, le plus important en pratique : plantez-le là où vous le verrez en avril. Depuis une fenêtre, au bord d'une terrasse, à l'entrée. Un arbre qui ne se remarque que deux semaines par an doit être placé en conséquence.
Planter
De novembre à mars, hors gel. Les sujets à racines nues, disponibles sur cette période, sont moins coûteux et souvent mieux ramifiés.
Creusez large — deux à trois fois le volume de la motte — et peu profond, en décompactant le fond sans apporter de terreau pur. Positionnez l'arbre de façon que le point de greffe reste au-dessus du niveau du sol : les cerisiers d'ornement sont greffés, souvent en tête pour les formes pleureuses.
Tuteurez à la plantation, jamais après, avec un lien souple en huit que vous contrôlerez chaque automne. Sur une forme greffée en tête, ce contrôle est critique : un lien entré dans l'écorce étrangle la sève et fait dépérir toute la couronne.
Paillez sur sept à dix centimètres en dégageant le collet, et arrosez vingt à trente litres par semaine en période sèche pendant toute la première saison.
Tailler le moins possible
C'est la règle la plus importante sur cette espèce, et celle qu'on enfreint le plus souvent.
Le cerisier du Japon construit naturellement une silhouette équilibrée, et il cicatrise mal. Chaque coupe ouvre une porte aux maladies du bois, et une taille sévère déforme durablement un arbre dont la forme est justement l'intérêt principal.
Limitez-vous strictement au bois mort, aux branches cassées et à celles qui se croisent. Une branche mal placée se supprime entièrement à son point de départ, jamais raccourcie — une branche raccourcie se ramifie en balai exactement là où on ne le voulait pas.
La période est dictée par la sensibilité aux maladies du bois, commune à tous les arbres à noyau : on intervient en été, après la floraison, quand la cicatrisation est rapide et les champignons peu actifs. Jamais en plein hiver humide, contrairement aux pommiers et poiriers.
Sur les sujets greffés, surveillez les gourmands partant en dessous du point de greffe : ils appartiennent au porte-greffe, poussent plus vite et donneront un tout autre arbre. On les supprime à la base dès leur apparition.
Le composer
Un cerisier du Japon est une pièce maîtresse, et il se met en valeur par ce qu'on met autour — ou plutôt par ce qu'on n'y met pas.
La composition la plus efficace garde le pied et les abords bas : une nappe de vivaces couvre-sols, des bulbes de printemps qui fleurissent en même temps, ou un simple paillage. Entouré d'arbustes hauts, l'arbre perd sa silhouette et l'effet de floraison se dilue.
Le fond compte autant. Une masse de fleurs claires ressort d'autant mieux qu'elle se découpe sur quelque chose de sombre et d'uni : une haie de persistants, un rideau de conifères vert foncé, un mur. Devant un fond encombré ou clair, la floraison se perd.
Il est par ailleurs l'un des éléments centraux du répertoire du jardin japonais, où sa floraison brève et la chute des pétales font partie intégrante de l'esthétique — ce n'est pas un défaut qu'elle ne dure pas, c'est le sujet.
Pour composer une succession de floraisons sans trou, notre sélection à floraison printanière permet d'encadrer les deux semaines du cerisier par d'autres épisodes.
Les problèmes courants
La gommose, écoulement de résine ambrée sur le tronc ou les branches, est le symptôme le plus fréquent. Elle signale un stress plutôt qu'une maladie précise : blessure, taille faite au mauvais moment, excès d'eau au niveau des racines. On corrige la cause, pas le symptôme.
La moniliose fait flétrir brutalement des rameaux entiers au moment de la floraison, comme brûlés. On supprime largement en dessous de la zone atteinte, par temps sec, en désinfectant l'outil entre chaque coupe.
Les pucerons déforment les jeunes pousses au printemps. Le dégât est esthétique et temporaire ; les auxiliaires s'en chargent généralement seuls dans un jardin qui les accueille.
Nos cerisiers, cultivés à Plessala
Les Pépinières Rouxel produisent leurs arbres en pleine terre dans les Côtes-d'Armor. L'élevage en extérieur compte particulièrement sur les formes greffées en tête : le vent atlantique force l'arbre à épaissir son tronc, là où un sujet abrité monte vite et penche au premier coup de vent après plantation.
Nous expédions dans toute la France, racines protégées, avec les indications de plantation et de tuteurage. Pour un alignement ou plusieurs sujets calibrés, contactez-nous. Le reste de la gamme se parcourt dans nos arbres d'ornement, nos arbres et arbustes d'ornement et nos plantes extérieures.
Questions fréquentes
Donne-t-il des cerises ?
Non, pas de cerises comestibles. Les cerisiers du Japon sont des variétés ornementales sélectionnées pour la floraison ; leurs fleurs souvent doubles ne produisent que peu ou pas de fruits, et ceux qui se forment sont de petites baies noires sans intérêt culinaire — appréciées des oiseaux. Pour récolter, il faut un cerisier fruitier, qui relève de nos arbres fruitiers.
Combien de temps dure la floraison ?
Deux à trois semaines selon la météo. Une période fraîche et sans vent la prolonge ; un coup de vent ou une pluie battante peut l'écourter de moitié. C'est court, et c'est assumé : on plante cet arbre en le sachant, et l'emplacement abrité est ce qui fait gagner quelques jours.
Peut-on le planter près d'une terrasse ?
Oui, c'est même l'un des meilleurs emplacements, à deux réserves près. Respectez la distance liée à la largeur adulte de la couronne — la moitié du diamètre plus un mètre de dégagement. Et sachez que la chute des pétales salit temporairement le sol pendant une à deux semaines, ce qui fait partie du charme pour certains et agace les autres.