Groseillier

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Ribes rubrum ‘London market’

Ribes rubrum 'London market' - Groseillier

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Le fruitier qui produit le plus vite

Entre un pommier planté aujourd'hui et sa première vraie récolte, il s'écoule quatre à cinq ans. Un groseillier donne ses premières grappes dès la deuxième année et atteint son plein rendement la troisième. Pour qui installe un verger, c'est ce qui fait tenir la patience : pendant que les arbres construisent leur charpente, les petits fruits produisent déjà.

C'est aussi l'un des rares fruitiers qui accepte la mi-ombre. Le nord d'une haie, le pied d'un mur exposé à l'est, un coin qui ne reçoit que le soleil du matin : autant de situations où un pommier végéterait et où un groseillier se plaît — au point que, sous un climat chaud, l'ombre légère lui est même préférable.

Ajoutez une rusticité à toute épreuve, un encombrement modeste — un mètre à un mètre cinquante dans toutes les dimensions — et un entretien qui tient en une taille annuelle, et vous avez l'arbuste fruitier le plus facile à installer dans un jardin de taille courante.

Groseille, cassis, groseille à maquereau : trois plantes voisines

Le même genre botanique regroupe des fruits assez différents à l'usage, et il vaut mieux savoir lequel on plante.

La groseille à grappes, rouge, blanche ou rose, donne de longues grappes de petits grains translucides, acidulés et très juteux. Les variétés blanches sont nettement plus douces que les rouges, ce qui les rend agréables à croquer telles quelles. Les rouges, plus acides et plus riches en pectine, sont les reines de la gelée : elles prennent sans aucun ajout.

La groseille à maquereau, ou groseille verte, porte de gros fruits isolés le long des rameaux, à peau ferme, vert, jaune ou rouge à maturité. Cueillie tôt, elle est acide et destinée à la cuisson ; laissée mûrir complètement, elle devient sucrée et parfumée, et se mange fraîche. Son inconvénient est connu : la plupart des variétés portent des épines, ce qui rend la récolte moins confortable — quelques variétés modernes en sont dépourvues.

Le cassis se distingue par son parfum très marqué et sa forte teneur en vitamine C. Il demande un peu plus d'eau que les autres et supporte moins bien la sécheresse estivale, mais il produit abondamment et ses feuilles sont elles-mêmes aromatiques.

Planter au moins deux des trois étale la récolte et diversifie les usages, d'autant qu'ils partagent exactement les mêmes exigences de culture.

Le sol et l'exposition

Ces arbustes ont un système racinaire superficiel, qui explore les trente premiers centimètres du sol et pas davantage. Toute la conduite découle de ce seul fait.

Premier point : ils souffrent vite de la sécheresse, parce qu'ils ne vont pas chercher l'eau en profondeur. Un sol frais, riche en matière organique, et surtout un paillage permanent de sept à dix centimètres, valent plus que n'importe quel arrosage. Le paillage est probablement le geste le plus rentable qu'on puisse faire sur cette famille.

Deuxième point : on ne bêche jamais à leur pied. Un coup de bêche à trente centimètres du tronc détruit l'essentiel des racines actives. Le désherbage se fait à la main ou, mieux, se supprime par le paillage.

Côté exposition, la mi-ombre convient parfaitement, et devient même préférable dans les régions chaudes où le plein soleil grille les feuilles et cuit les fruits sur la grappe. Le soleil du matin avec de l'ombre l'après-midi est l'idéal. Notre sélection de plantes pour zone ombragée rassemble d'autres espèces qui partagent cette tolérance.

Le sol idéal est frais, profond et légèrement acide à neutre. Le seul terrain vraiment rédhibitoire est celui qui reste gorgé d'eau en hiver.

Planter

La fenêtre va de novembre à mars, hors gel — l'automne restant nettement préférable, puisque les racines travaillent tout l'hiver et que la plante aborde son premier été installée.

Creusez large plutôt que profond : quarante à cinquante centimètres dans toutes les dimensions suffisent, avec un fond décompacté et un apport de compost bien décomposé mélangé à la terre du site.

Une particularité utile : sur les groseilliers et les cassissiers, on plante légèrement plus profond que le niveau d'origine, cinq centimètres environ, et on rabat les rameaux à trois ou quatre yeux après plantation. Ce double geste déclenche l'émission de nouvelles pousses depuis la base et donne une touffe fournie dès la deuxième année, au lieu d'un arbuste sur une seule tige.

Espacez de un mètre vingt à un mètre cinquante entre les pieds, davantage si vous prévoyez de passer une tondeuse entre les rangs. Paillez généreusement et arrosez régulièrement la première saison — c'est la seule année où ils réclament vraiment de l'attention.

Tailler : le principe en une phrase

Ces arbustes fructifient sur le bois jeune, et la taille consiste simplement à renouveler ce bois.

Le cassis est le plus net : il produit presque exclusivement sur les rameaux de l'année précédente. La taille consiste donc à supprimer chaque hiver les branches les plus âgées — celles dont l'écorce est sombre et craquelée — au ras de la souche, en gardant six à huit rameaux jeunes et vigoureux. On renouvelle ainsi environ un tiers de la touffe par an.

Les groseilliers à grappes et à maquereau fructifient sur des rameaux de deux et trois ans, ainsi que sur des coursonnes courtes. Le principe reste le même mais plus étalé : on supprime le bois de plus de quatre ans, on aère le centre pour que la lumière et l'air circulent, et on raccourcit les rameaux latéraux à quelques yeux.

La période : de décembre à février, sur un arbuste au repos. Une touffe bien aérée est aussi une touffe beaucoup moins sujette à l'oïdium, qui est le principal problème sanitaire de cette famille sous climat humide.

Récolter

La récolte s'étale de juin à août selon les espèces et les variétés.

Les groseilles à grappes se cueillent par la grappe entière, en la pinçant à sa base, et non grain par grain — on abîme moins les fruits et on va beaucoup plus vite. Attendez quelques jours après la coloration complète : la grappe continue de gagner en sucre après avoir pris sa couleur.

Les groseilles à maquereau se récoltent en deux temps si l'on veut les deux usages : un premier passage début juin sur les fruits encore fermes et acides, destinés à la cuisson, puis un second quand les fruits restants ont atteint leur maturité complète pour la consommation fraîche. L'éclaircissage du premier passage profite d'ailleurs à ceux qui restent.

Le cassis se cueille quand tous les grains de la grappe sont noirs, y compris celui du bout, qui mûrit en dernier.

Un pied adulte donne entre deux et cinq kilos selon l'espèce et la conduite. Les fruits se conservent peu de temps frais — deux à quatre jours — mais se congèlent très bien tels quels, sans préparation.

Un mot sur les oiseaux : merles et grives repèrent les groseilles avant vous. Un filet posé à la coloration des premiers fruits est la seule protection réellement efficace, et il se retire après la récolte.

Pollinisation et compagnonnage

La plupart des variétés sont autofertiles : un seul pied produit. La présence d'une seconde variété améliore cependant le taux de nouaison, et donc la longueur des grappes — plantez-en deux si la place le permet.

La floraison est précoce, en mars-avril, à une période où les insectes sont encore peu nombreux. Quelques plantes mellifères à floraison très précoce autour du verger changent réellement le résultat, en attirant les pollinisateurs au bon moment.

Au pied, évitez les couvre-sols denses qui concurrenceraient les racines superficielles. Le paillage reste la meilleure option, et il peut être fait de tontes séchées, de feuilles mortes ou de copeaux, renouvelés chaque printemps.

Les employer dans un jardin

Leur format compact ouvre des usages que les arbres fruitiers ne permettent pas.

En haie fruitière. Alignés à un mètre vingt, ils forment une séparation basse qui produit. C'est une manière de faire tenir un verger sur une limite de propriété, là où aucun arbre n'aurait sa place.

Au pied d'un mur au nord ou à l'est. Une situation généralement considérée comme perdue, et qui leur convient parfaitement.

En bordure de potager. Ils structurent l'espace sans ombrager les cultures, et leur floraison précoce attire les pollinisateurs juste avant que le potager en ait besoin.

En bac. Un contenant de quarante centimètres dans toutes les dimensions suffit, avec un arrosage suivi — les racines superficielles sèchent vite en pot.

Pour compléter la saison, nos autres arbustes fruitiers couvrent les petits fruits d'été, nos arbres fruitiers prennent le relais à l'automne, et l'ensemble du comestible se parcourt dans plantes et baies comestibles.

Nos plants, cultivés à Plessala

Les Pépinières Rouxel produisent leurs arbustes fruitiers en pleine terre dans les Côtes-d'Armor, sous un climat frais et humide qui est exactement celui que cette famille recherche. Des plants élevés dehors arrivent avec une souche fournie et un enracinement développé, ce qui se traduit directement par une entrée en production plus rapide.

Nous expédions dans toute la France, racines protégées, avec les indications de plantation et de taille. Pour une haie fruitière ou plusieurs sujets, contactez-nous : nous adaptons les variétés et les quantités. Pour la structure du jardin autour, voyez nos plantes extérieures, et pour partir d'une contrainte de terrain, la rubrique plantes par besoin.

Questions fréquentes

Combien de temps vit un groseillier ?

Une quinzaine d'années en production correcte, davantage s'il est bien taillé. Le rendement décline nettement après dix à douze ans sur le cassis, un peu plus tard sur les groseilliers à grappes. Le renouvellement est simple et gratuit : ces arbustes se bouturent très facilement en fin d'automne, avec des rameaux de l'année plantés directement en terre. Une bouture prise cette année produira dans trois ans.

Pourquoi mes grappes sont-elles courtes et clairsemées ?

Trois causes, souvent combinées. Un manque d'eau au moment de la formation des fruits, en mai-juin, sur des racines qui ne descendent pas chercher l'humidité. Une pollinisation insuffisante, faute d'insectes lors d'un printemps froid. Ou une touffe trop vieille, qui n'a pas été renouvelée et fructifie sur du bois épuisé. Commencez par le paillage et la taille de renouvellement, qui règlent les deux causes les plus fréquentes.

Un feutrage blanc apparaît sur les jeunes pousses : que faire ?

C'est de l'oïdium, favorisé par la chaleur humide et le confinement. La réponse est d'abord culturale : supprimez les pousses atteintes dès leur apparition, aérez sérieusement le centre de la touffe à la taille d'hiver, et évitez d'arroser sur le feuillage. Sur les groseilliers à maquereau, particulièrement sensibles, le choix d'une variété résistante à la plantation est ce qui règle le problème pour de bon.