Nashi

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Le nashi, une poire qui se croque comme une pomme

Le nashi — poirier asiatique, parfois appelé poire-pomme ou pomme-poire — n'est ni un croisement ni une curiosité de catalogue : c'est une espèce de poirier à part entière, cultivée depuis des siècles en Chine, au Japon et en Corée.

Ce qui le distingue tient à la texture. Là où une poire européenne devient fondante et juteuse en s'affinant, le nashi reste ferme et croquant à parfaite maturité, avec une chair très aqueuse, un jus abondant et un parfum délicat, légèrement floral. Le fruit est rond, doré ou cuivré, souvent légèrement rugueux au toucher.

Pour le jardinier, l'intérêt est ailleurs : le nashi se cultive comme un poirier classique, il est plus rustique qu'on ne l'imagine, il entre en production dès la troisième année, et il présente une résistance nettement meilleure à la tavelure — la maladie qui gâche tant de récoltes de poires et de pommes sous nos climats humides.

La pollinisation : le point à régler avant d'acheter

C'est la principale contrainte, et elle est la même que pour les poiriers européens.

La plupart des variétés de nashi sont autostériles : leur propre pollen ne les féconde pas. Il faut donc une seconde variété compatible, fleurissant à la même période, plantée à moins d'une centaine de mètres.

Deux bonnes nouvelles. D'abord, les variétés de nashi se pollinisent très bien entre elles — deux nashis différents suffisent. Ensuite, un poirier européen peut faire l'affaire si ses dates de floraison recoupent celles du nashi, ce qui élargit beaucoup les possibilités quand la place manque.

La floraison intervient en avril, un peu avant celle des poiriers européens dans certaines variétés — d'où l'importance de vérifier la concordance plutôt que de supposer. C'est l'information à demander à l'achat, et c'est la cause numéro un des arbres qui fleurissent magnifiquement sans jamais donner.

Cette floraison précoce a par ailleurs besoin d'insectes à une période où ils sortent peu. Quelques plantes mellifères à floraison précoce autour du verger améliorent sensiblement la nouaison.

Sol, exposition, emplacement

Le nashi a les exigences d'un poirier, avec un peu plus de tolérance.

Il veut du soleil — six heures minimum — pour que les fruits développent leur sucre. Un emplacement abrité des vents froids protège la floraison d'avril, qui reste le moment vulnérable : une fleur ouverte est détruite autour de −2 °C. Évitez les cuvettes où l'air froid s'accumule les nuits claires.

Côté sol, il préfère une terre profonde, fraîche et bien drainée, légèrement acide à neutre. Il supporte mal l'eau stagnante en hiver : sur terrain lourd, plantez sur une butte de vingt à trente centimètres. Il est en revanche plus indulgent que le poirier européen sur la sécheresse estivale, une fois installé.

Prévoyez la place selon le porte-greffe : trois à quatre mètres en forme conduite, cinq à six mètres en forme libre. La règle des deux mètres depuis la limite séparative s'applique dès que la hauteur adulte dépasse deux mètres.

Planter

De novembre à mars, hors gel. Les sujets à racines nues, disponibles sur cette fenêtre, sont moins coûteux et souvent mieux ramifiés ; ils exigent une plantation rapide après réception.

Creusez large, deux à trois fois le volume des racines, et peu profond, en décompactant le fond sans apporter de terreau pur. Positionnez l'arbre de façon que le point de greffe reste dix centimètres au-dessus du sol : enterré, il s'affranchit et l'arbre reprend la vigueur du porte-greffe.

Tuteurez à la plantation, jamais après, avec un lien souple en huit à contrôler chaque automne. Paillez sur sept à dix centimètres en dégageant le collet, et arrosez vingt à trente litres par semaine en période sèche pendant toute la première saison.

Tailler

Le nashi fructifie sur des organes courts et pérennes — lambourdes et dards — qui mettent deux à trois ans à se former et restent productifs plusieurs années. C'est exactement le comportement du poirier européen, et cela commande la conduite.

La taille de formation, les trois à quatre premières années, construit la charpente : quatre à cinq branches bien réparties autour du tronc, à des hauteurs différentes, et suppression du reste.

La taille d'entretien, ensuite, se limite à aérer. On retire le bois mort, les branches qui se croisent et celles qui poussent vers l'intérieur, pour que la lumière atteigne les fruits et que l'air circule. On respecte scrupuleusement les lambourdes : une taille sévère les supprime, et l'arbre répond en produisant du bois au lieu de fruits.

La période : de décembre à février, sur un arbre au repos — contrairement aux arbres à noyau comme le prunier ou le pêcher, les fruits à pépins se taillent bien en plein hiver.

Un point spécifique : le nashi a tendance à surcharger. Les bouquets portent de nombreux fruits, et l'arbre ne régule pas toujours seul.

Éclaircir, récolter, conserver

L'éclaircissage, en juin quand les fruits ont la taille d'une noix, est le geste qui change le plus la récolte. Ne gardez qu'un fruit par bouquet, en supprimant les plus petits et les plus mal placés. C'est ce qui donne des nashis gros, sucrés et juteux plutôt qu'une profusion de fruits fades. Cela évite aussi les branches cassées et l'alternance — une année de surcharge épuise les réserves et supprime la production de l'année suivante.

La récolte s'étale d'août à octobre selon les variétés. Contrairement à la poire européenne, qu'on cueille ferme pour la faire mûrir ensuite, le nashi se récolte à pleine maturité sur l'arbre : il ne s'améliore plus après cueillette.

Deux repères. La couleur de fond passe du vert au doré ou au cuivré selon la variété. Et le fruit se détache en le soulevant à l'horizontale avec une légère rotation — s'il résiste, il n'est pas prêt. Passez tous les trois ou quatre jours, les fruits ne mûrissant pas tous ensemble.

La conservation est un bon point : deux à trois mois dans un local frais entre 2 et 8 °C, bien plus qu'une poire européenne. Manipulez avec précaution — la peau se marque facilement et un fruit meurtri se gâte vite. Posez les fruits sans qu'ils se touchent et retirez immédiatement ceux qui s'abîment.

Comptez vingt à quarante kilos sur un arbre adulte bien conduit.

Composer un verger

Le nashi occupe le créneau de la fin d'été et du début d'automne, avec un fruit qui se conserve — ce qui prolonge utilement la saison.

Le plus logique est de l'associer à un autre poirier, ce qui règle du même coup la pollinisation. Nos arbres fruitiers couvrent l'ensemble des fruits à pépins et à noyau, nos arbustes fruitiers donnent les petits fruits dès la deuxième année — bien avant qu'un arbre n'entre en production — et l'ensemble du comestible se parcourt dans plantes et baies comestibles.

Au pied, évitez de bêcher et paillez plutôt. Une nappe de vivaces couvre-sols installée à distance du tronc supprime le désherbage sans concurrencer les racines.

Nos nashis, cultivés à Plessala

Les Pépinières Rouxel greffent et élèvent leurs fruitiers en pleine terre dans les Côtes-d'Armor. Pour une espèce venue d'Asie, l'élevage sous un climat océanique humide a un mérite direct : il éprouve la résistance aux maladies du feuillage, et les sujets qui arrivent chez vous ont déjà passé ce test.

Nous expédions dans toute la France, racines protégées, avec les indications de plantation et de pollinisation — un point sur lequel nous insistons, puisqu'il conditionne toute la récolte. Pour un verger ou plusieurs variétés, contactez-nous : nous composons l'association de façon que les floraisons se recouvrent. Pour la structure du jardin autour, voyez nos plantes extérieures, et pour partir d'une contrainte de terrain, la rubrique plantes par besoin.

Questions fréquentes

Le nashi est-il un croisement entre une pomme et une poire ?

Non, malgré son surnom de pomme-poire. C'est un poirier à part entière, d'une espèce asiatique distincte du poirier européen. La confusion vient de sa forme ronde et de sa texture croquante, qui évoquent la pomme — mais botaniquement, c'est bien une poire.

Faut-il deux arbres pour récolter ?

Oui dans la plupart des cas : les variétés sont généralement autostériles. Il faut une seconde variété de nashi, ou un poirier européen dont la floraison recoupe la sienne, à moins d'une centaine de mètres. C'est l'information à vérifier avant l'achat — c'est la cause principale des arbres qui fleurissent sans fructifier.

Se conserve-t-il aussi bien qu'une poire ?

Mieux, en réalité. Deux à trois mois au frais contre quelques semaines pour la plupart des poires européennes. La différence tient à sa texture ferme et à sa peau plus épaisse. La contrepartie est qu'il se marque facilement à la manipulation : un fruit choqué à la récolte ne tiendra pas.