Amandier

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Le premier arbre à fleurir

L'amandier ouvre la saison du verger. Dès février, parfois fin janvier dans les régions douces, il se couvre de fleurs blanches ou rose pâle sur des branches encore entièrement nues. C'est un événement, à un moment de l'année où le jardin n'a rien d'autre à offrir — et beaucoup le plantent pour cette raison seule, la récolte venant en supplément.

Cette précocité est aussi sa principale contrainte : une fleur ouverte est détruite autour de −2 °C, et les gelées de février-mars sont la règle plutôt que l'exception sur une grande partie du territoire.

L'arbre lui-même est peu exigeant et très résistant à la sécheresse : une fois installé, il se passe d'arrosage, y compris en été sec. C'est un arbre de terrain pauvre et caillouteux, qui souffre bien davantage de l'excès que du manque.

Le gel de floraison : comment composer avec

C'est le sujet central, et il se traite à l'achat et à la plantation, pas après.

Choisir une variété à floraison tardive. C'est le levier le plus efficace et le seul réellement durable. Certaines variétés fleurissent deux à trois semaines après les autres, ce qui suffit à passer sous la plupart des épisodes de gel. C'est le premier critère à demander, avant même le goût de l'amande.

Éviter les points bas. L'air froid s'accumule dans les cuvettes les nuits claires, et l'écart avec le haut d'une pente douce atteint facilement deux degrés — soit précisément la marge qui sauve une floraison.

Éviter l'exposition au soleil levant. Contre-intuitif, mais bien établi : ce n'est pas le gel lui-même qui détruit le plus, c'est le dégel rapide. Des fleurs gelées qui se réchauffent brutalement au premier rayon sont perdues ; les mêmes, dégelant lentement à l'ombre, s'en sortent souvent. Une exposition sud ou sud-ouest vaut mieux qu'une exposition est.

Une année sur deux ou trois sans récolte est le régime normal d'un amandier sous nos climats. La floraison, elle, est au rendez-vous chaque année.

La pollinisation

La plupart des variétés traditionnelles sont autostériles : elles ont besoin d'une seconde variété compatible, fleurissant à la même période, plantée à proximité. Quelques variétés modernes sont autofertiles et produisent seules — c'est une information à vérifier à l'achat, car elle change le nombre d'arbres à prévoir.

Le vrai défi n'est pas là. Il tient à ce que la floraison intervient en février, quand les abeilles sortent à peine. Seules quelques journées douces permettent leur activité, et la nouaison dépend de cette fenêtre étroite.

Deux réponses pratiques : planter les deux variétés proches l'une de l'autre, à moins de vingt mètres, et installer autour du verger des plantes mellifères à floraison très précoce, qui maintiennent une activité d'insectes au bon moment.

Sol et emplacement

L'amandier est un arbre méditerranéen, et ses exigences le rappellent.

Il veut du plein soleil et de la chaleur. Il accepte les sols pauvres, caillouteux, calcaires — il y donne même de meilleurs résultats qu'en terre riche, où il fait du bois au détriment des fruits.

Ce qu'il ne supporte pas, c'est l'humidité stagnante. Sur un sol lourd ou argileux, plantez sur une butte de trente centimètres et incorporez du gravier grossier dans le trou. Un amandier meurt bien plus souvent d'excès d'eau hivernal que de froid.

Abritez-le du vent, qui abîme la floraison précoce et gêne le travail des rares pollinisateurs.

Prévoyez quatre à six mètres de développement, et la règle des deux mètres depuis la limite séparative.

Planter

De novembre à mars, hors gel. Les sujets à racines nues, disponibles sur cette période, reprennent très bien s'ils sont plantés rapidement après réception.

Creusez large, deux à trois fois le volume des racines, et peu profond, en décompactant le fond sans apporter de terreau pur — inutile d'enrichir, l'arbre préfère la sobriété. Positionnez-le de façon que le point de greffe reste dix centimètres au-dessus du sol.

Tuteurez à la plantation, avec un lien souple à contrôler chaque automne. Paillez en dégageant le collet, et arrosez la première saison uniquement. Ensuite, laissez faire : l'arrosage estival d'un amandier installé est contre-productif.

Aucun apport d'azote, jamais. Il produirait une végétation tendre, sensible au froid et improductive.

Tailler

L'amandier fructifie sur des rameaux courts qui restent productifs plusieurs années, et sur les pousses de l'année. Une taille légère suffit.

Les trois ou quatre premières années servent à construire la charpente : trois à cinq branches bien réparties autour du tronc, et suppression du reste.

Ensuite, on se limite à retirer le bois mort, à aérer le centre pour la lumière et la circulation d'air, et à supprimer les rameaux qui se croisent.

La période compte : comme tous les arbres à noyau, l'amandier cicatrise mal à froid et les plaies d'hiver ouvrent la porte aux maladies du bois. Intervenez après la récolte, en fin d'été, ou à la rigueur en toute fin d'hiver — jamais en plein hiver humide.

Récolter et conserver

La récolte a lieu en septembre, trois à quatre ans après plantation pour les premières amandes.

Le fruit est un drupe : une enveloppe verte et veloutée, le brou, qui entoure la coque contenant l'amande. La maturité se reconnaît à un signe net : le brou se fend et s'ouvre, laissant apparaître la coque. Les fruits tombent alors d'eux-mêmes ou se détachent d'une secousse.

Retirez le brou dans les jours qui suivent la récolte — il moisit s'il reste en place — puis faites sécher les amandes en coque deux à trois semaines, à l'ombre, dans un endroit ventilé, étalées en couche mince. Une amande correctement séchée se conserve ensuite un an dans un sac de toile, en local frais et sec.

Une précision utile : les amandes amères, produites par certaines variétés ornementales, contiennent des composés toxiques à forte dose et ne se consomment pas. Les variétés fruitières donnent des amandes douces. C'est une information à vérifier si vous plantez pour récolter.

Composer un verger

L'amandier tient deux places à la fois : celle d'un fruitier de septembre à fruit sec, qui se conserve un an, et celle d'un arbre d'ornement qui ouvre la saison du jardin.

Cette double lecture mérite d'être exploitée : placé en vue depuis la maison, il justifie sa présence même les années sans récolte. Il rejoint sur ce plan nos arbres d'ornement, et sa floraison de février complète notre sélection à floraison hivernale.

Côté production, il s'associe au reste de la gamme : nos arbres fruitiers couvrent les fruits frais de juin à novembre, et l'ensemble du comestible se parcourt dans plantes et baies comestibles.

Au pied, évitez tout ce qui demande de l'arrosage estival : cela irait à l'encontre du régime sec dont l'arbre a besoin. Des plantes de terrain sec partagent exactement ses conditions.

Nos amandiers, cultivés à Plessala

Les Pépinières Rouxel greffent et élèvent leurs fruitiers en pleine terre dans les Côtes-d'Armor. Pour une espèce méditerranéenne, l'intérêt est direct : un sujet élevé sous climat océanique arrive endurci et acclimaté, et reprend mieux dans les régions fraîches qu'un plant produit en climat chaud.

Nous expédions dans toute la France, racines protégées, avec les indications de plantation et de pollinisation. Pour le reste du jardin, voyez nos plantes extérieures, et pour partir d'une contrainte de terrain, la rubrique plantes par besoin.

Questions fréquentes

Peut-on récolter des amandes en Bretagne ou dans le Nord ?

Oui, mais irrégulièrement. L'arbre pousse et fleurit sans difficulté ; c'est la floraison de février qui est exposée. Avec une variété tardive, un emplacement abrité et hors cuvette, on récolte les bonnes années — soit une sur deux ou trois selon les hivers. Beaucoup le plantent en acceptant ce régime, pour la floraison autant que pour les fruits.

Faut-il deux amandiers ?

Cela dépend de la variété : les traditionnelles sont autostériles et exigent une seconde variété compatible, certaines variétés modernes sont autofertiles. À vérifier avant l'achat, c'est une différence de un à deux arbres et de plusieurs mètres de terrain.

Mon amandier fleurit mais ne donne rien.

Trois causes. Le gel pendant la floraison, de loin la plus fréquente. L'absence de pollinisateur compatible à proximité, sur une variété autostérile. Ou le manque d'insectes actifs en février, faute de journées douces au bon moment. Les deux premières se corrigent, la troisième s'améliore en installant des plantes à floraison très précoce autour du verger.